.. aglae ex time ..

Tomber dans le vide.

novembre 9, 2008 · Laisser un commentaire

Aller chercher la confirmation auprès de celui qui me bouscule, m’intrigue, m’attire – avant que les rêves, les désirs et les fantasmes ne deviennent trop réels, avant d’inventer seule l’histoire – dis moi, est-ce que tu partages ce sentiment, est-ce que tu ressens cette entente particulière, est-ce que tu me regardes à la dérobée comme je t’observe et te guette ?

Si tu dis oui, je deviens heureuse.

Si tu dis non, je tombe dans le vide. J’ai mal. Je pleure. Je crie. Je ne comprends pas. Je ne veux pas. Je cède à la panique. Je laisse l’angoisse s’installer, je doute, j’ai peur, je n’ai plus confiance. Ni en toi, ni en moi. Tout s’effondre. Mes attentes, mes espoirs, mes intuitions, mes certitudes.

Je serai au-delà le jour où ta réponse me laissera indifférente.

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C’est du lourd! (Abd Al Malik)

novembre 9, 2008 · Un commentaire

“Je me souviens, Maman qui nous a élevés toute seule, nous réveillait pour l’école quand on était gamins, elle écoutait la radio en beurrant notre pain, et puis après elle allait au travail dans le froid, la nuit, ça c’est du lourd.
Ou le père de Majid qu’a travaillé toutes ces années de ses mains dehors, qu’il neige, qu’il vente, ou qu’il fasse soleil sans jamais se plaindre, ça c’est du lourd.
Et puis t’as tous ces gens qui sont venus en France parce qu’ils avaient un rêve, et même si leur quotidien après il a plus ressemblé à un cauchemar, ils ont toujours su rester dignes, ils ont jamais basculé dans le ressentiment, ça c’est du lourd, c’est violent.

Et puis t’as tous les autres qui se lèvent comme ça, tard dans la journée, qui se grattent les bourses, je parle des deux, celles qui font référence aux thunes, du genre “la fin justifie les moyens”, et celles qui font référence aux filles, celles avec lesquelles ils essaient de voir si y a moyen, ça c’est pas du lourd.
Les mecs qui jouent les choses à mains devant les blocs dealent un peu de coke, de temps en temps un peu de ke-cra et disent « je connais la vie moi monsieur ! », alors qu’il y connaît rien le gars, ça c’est pas du lourd.

Moi je pense à celui qui se bat pour faire le bien, qu’a mis sa meuf enceinte, qui lui dit j’t’aime, je vais assumer, c’est rien, c’est bien, qui va taffer des fois même pour un salaire de misère, mais le loyer qu’il va payer, la bouffe qu’il va ramener à la baraque, frère, ça sera avec de l’argent honnête, avec de l’argent propre, ça c’est du lourd.
Je pense aussi à ces filles qu’on a regardé de travers parce qu’elles venaient de cités, qu’ont montré à coups de ténacité, de force, d’intelligence, d’indépendance, qu’elles pouvaient faire quelque chose de leur vie, qu’elles pouvaient faire ce qu’elles voulaient de leur vie, ça c’est du lourd.

Mais t’as le bourgeois aussi, genre emprunté, mais attention hein, je généralise pas, je dis pas que tous les bourgeois sont condescendants, paternalistes ou totalement imbus de leur personne, ça c’est pas du lourd, je veux juste dire qu’il y a des gens qui comprennent pas, qui croient qu’être français c’est une religion, une couleur de peau, ou l’épaisseur d’un portefeuille en croco, ça c’est bête, c’est, c’est pas du lourd, c’est…

La France elle est belle, tu le sais en vrai, la France on l’aime, y a qu’à voir quand on retourne au bled, la France elle est belle, regarde tous ces beaux visages qui s’entremêlent, ça c’est du lourd.
Et quand t’insultes ce pays, quand t’insultes ton pays, en fait tu t’insultes toi-même, faut qu’on se lève, faut qu’on se batte ensemble, rien à faire de ces mecs qui disent “vous jouez un rôle” ou “vous rêvez”, ces haineux qui disent “vous allez vous réveiller”, parce que si on y arrive, si on y arrive à faire front avec nos différences, sous une seule bannière, comme un seul peuple, comme un seul homme, ils diront quoi tous ?

C’est du lourd, du lourd, un truc de malade…”

“C’est du lourd !”, Abd Al Malik, Dante.

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Fuir le rêve.

novembre 9, 2008 · Laisser un commentaire

Un rêve que j’ai un peu oublié, que j’ai voulu oublier.

Je recroisais H. à Paris, le garçon qui a joué avec moi trop longtemps, trop tard, jusqu’à ce que je sombre dans les heures noires – je l’ai recroisé dans mon rêve, il avait forci, repris du poids, le visage presque bouffi – à la croisée de ce qu’il m’avait raconté de son enfance, et des échos qui arrivent parfois jusqu’à moi aujourd’hui – et j’ai ressenti l’immense dégoût, l’envie de vomir qui accompagneront toujours cette histoire, ce sacage, cette mise en charpie. Le sentiment de répulsion était entier et sans concession ; pourtant j’ai aussi compris, dans ce regard posé sur lui, sur son visage jeune et sur ses gestes emplis de tics, ce qui m’avait touchée, émue, bouleversée. Je sais pourquoi je suis tombée amoureuse, je sais que je n’aurais pas pu l’éviter. J’aurais forcément, dans toutes les situations, voulu le connaître, lui parler, l’écouter, le regarder, l’apaiser. Qui était le plus ravagé de nous deux ? Cet appel silencieux de deux névroses – la rencontre inévitable. Ravages.

Je me suis réveillée avec le sentiment que je connais par coeur, que je ne supporte pas, d’être dans l’ouate, dans le gris, d’être faible, mal au coeur, aucune envie, aucun désir, me fondre au lit, remonter les draps sur moi, oublier, dormir. Dormir. Lorsque j’avalais des cachets, j’étais en permanence endormie, dans le brouillard. Je croyais que c’était les médicaments, la psy disait que je rattrapais seulement les nuits sans sommeil, et qu’un mécanisme de défense s’était mis en place : le sommeil était le seul moyen d’échapper à l’angoisse et à la dépression. En sortant du rêve, j’ai touché les stigmates de la dépression, les souvenirs de la vie absente – je me suis rendormie, aussitôt, pour revenir quelques heures plus tard, heureuse, enthousiaste, calme. J’ai un peu oublié depuis l’exactitude du sentiment de dégoût croisé dans le rêve. Tant mieux.

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La nuit américaine.

novembre 5, 2008 · Laisser un commentaire

Je voulais aussi écrire sur la nuit de l’élection, sur ces derniers jours, sur les heures passées devant nos ordinateurs, jonglant entre CNN, les sites du NYTimes et du Guardian, Facebook et Twitter, Le Monde.fr et Le Post.fr. Je me suis couchée cette nuit avec deux anxiétés : le nom du nouveau président des USA, et le nombre de visites sur nos sites. Les résultats étaient connus dans trois Etats quand je me suis endormie. Les statistiques de temps réel sur Le Monde.fr et Le Post étaient élevées. Ce matin, Obama était élu et Le Monde.fr enregistrait son record de visites pour l’année 2008.

Hier soir nous étions quelques uns entre 20h et 23h, à tromper l’impatience en racontant des bêtises et en grignotant le repas froid du traiteur. Quelques journalistes devant leurs ordinateurs. Et puis à minuit, le début de l’activité, de l’énergie, les équipes en branle, la technique assurant derrière, et voilà tout a coulé, les résultats sont tombés, les journalistes ont écrit, beaucoup écrit, parcouru le web, révolutionné leur façon de présenter l’information, les images d’Obama vainqueur et la vidéo de son discours à Grant Park ont été là immédiatement, c’était peut-être un moment historique aux Etats-Unis, mais pour les sites d’information il s’agissait aussi de vivre la révolution de l’information, d’affirmer le rôle nécessaire des sites participatifs, de démontrer la pertinence des vidéos et des portfolios. J’ai suivi trois sites qui faisaient à mes yeux un travail remarquable : nytimes.com, guardian.co.uk, lemonde.fr. En France seul Le Monde.fr a proposé un tel traitement de l’information, une telle réactivité, une adaptation de toute la structure de la page d’accueil pour répondre au mieux à la demande d’information des internautes. Une seule page, et tous les liens, tous les contenus, toutes les sélections.

Et moi j’ai trouvé ça chouette, très chouette, de participer à ça, d’être là pour encourager, accompagner, suivre, j’étais convaincue de la qualité de notre travail et très fière que cela serve à des centaines de milliers d’internautes.

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L’Amérique choisit Obama.

novembre 5, 2008 · Laisser un commentaire

Je ne partage pas mes idées politiques sur ce blog. Je ne commente même aucun événement politique. De la dernière élection présidentielle en France, je n’aurais pas su quoi dire : j’abhorrais les deux principaux candidats, qui m’effrayaient. Sans vouloir discuter le fond de leurs discours, je peux seulement dire que la forme de leurs discours n’a jamais été admirable : l’un s’exprimait vulgairement, avec un cynisme et une suffisance repoussants ; l’autre s’exprimait de façon autoritaire, avec une naïveté et une assurance disproportionnées. Je me souviens des discours prononcés le 6 mai 2007 : celle qui n’avait pas été élue parlait d’une “victoire”, celui qui avait été élu prenait un ton vindicatif pour marteler des formules angoissantes. Je n’oublie pas non plus la débauche de mauvais goût qui a entouré la victoire de Nicolas Sarkozy.

Pourtant ce soir je veux absolument parler de l’élection de Barack Obama. Parce que c’est un homme politique que j’admire. Parce qu’en France, je ne reconnais en aucun homme politique ce talent, ce charisme et cette intelligence. Mon frère retient le fait qu’un homme noir a été élu président des Etats-Unis, car dans sa fac, c’est le message porté par tous les étudiants black-blanc-beur qui ont enfilé le t-shirt Obama for change. J’ai lu parmi quelques commentaires d’internautes sur Le Monde.fr, que si Barack Obama avait été blanc, tout aussi compétent et charismatique qu’il est, il n’aurait pas été élu. Je ne crois pas qu’il faille regarder la couleur de peau d’Obama comme le facteur déterminant de cette élection ; au contraire, comme l’écrit Karim : Obama n’a pas été élu parce qu’il était noir. Il a été élu parce que ses électeurs n’ont pas fait attention à sa couleur de peau.

Tout au long de la campagne des élections américaines, j’ai entendu un homme brillant, intelligent, réfléchi, calme et mesuré. Le discours du 18 mars à Philadelphie est retranscrit par écrit et en vidéo sur le site du NYTimes. Obama est capable de prendre du recul en temps réel ; de travailler une question pour apporter les ébauches d’une réponse. Lorsqu’on a demandé à John McCain quelles mesures il envisageait pour lutter contre la crise économique qui s’étend aux Etats-Unis, il a répondu que l’économie n’était pas son fort.

Je ne sais pas quelles mesures concrètes vont accompagner la présidence d’Obama ; mais j’ai eu le sentiment de voir et d’entendre pendant plusieurs mois un homme compétent, informé, attentif, qui a su tenir compte des signes qu’il recevait pendant sa campagne, si bien qu’il a quitté en un an l’anonymat pour emporter les voix de plus de 63 millions d’Américains. John McCain lors du Saturday Night Live se prêtait volontiers aux sketches montés par Tina Fey, doublure comique de Sarah Palin. John McCain, invité par David Letterman au Late Show, avait annulé l’interview prévue à la dernière minute, prétextant un voyage urgent à Washington. Il ne s’est pas rendu à Washington. Et lorsque David Letterman lui a demandé des explications, il a répondu : “I screwed up” (”j’ai foiré”, “j’ai merdé”).

J’ai fait attention aux discours d’Obama, j’ai été impressionnée par son attitude, par son charisme, par sa retenue, j’ai admiré le choix des mots de ses discours, son élocution, ses intonations, ses silences. Je ne crois pas que le changement sera si radical aux Etats-Unis, j’appréhende plutôt quelques déceptions – Obama arrive à la présidence au moment où les Etats-Unis entrent en récession. Mais je suis sûre que c’est un très grand homme politique, un homme de charisme, d’intelligence et de mesure, que les Etats-Unis ont choisi pour président. Et cela me fascine et m’impressionne davantage que la décevante bataille de l’élection présidentielle française en 2007.

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Equilibre.

novembre 3, 2008 · Un commentaire

Je cherche des mots que je ne sais plus écrire. Fantastique d’être si calme, si tranquille, d’être, paraît-il, plus équilibrée. Sauf que je vais vite m’ennuyer. Pas de garçon à aimer, pas de douleur à creuser, pas d’angoisse à apaiser. Je vais doucement, calmement. Je dors chaque nuit suffisamment. Je ne fais plus le yoyo sur la balance. Je ne pleure plus. Je ressens moins le manque – de qui que ce soit. A peine le temps de voir mes amis, de me poser la question de la solitude : j’ai déjà si peu de temps pour moi. J’enchaîne des journées longues et denses, je travaille dix heures, onze heures, je ne vois le jour que derrière la vitre de l’immeuble, et je ne vois les magasins que fermés. J’aimerais qu’il y ait de la place pour autre chose – simplement je ne sais pas à quoi, ou à qui, donner cette place. Je travaille sans cesse parce que cela me nourrit, m’occupe, m’intéresse. Et je travaille sans cesse parce que je ne saurais pas quoi faire d’autre. J’ai tellement repris pied par le travail que m’en écarter devient difficile. Parfois je prends le temps d’une journée, le temps d’une expo, le temps de me balader. Les photos de Lee Miller au musée du Jeu de Paume, les énormes assiettes entrecôte-purée maison à la Tartine, les rues surprenantes du Marais. Oui d’accord parfois ce temps plus lâche, paresseux, étiré, pour voir des couleurs, des gens dans les rues, des cafés animés. Mais j’aimerais que ça palpite. Tous les jours. J’aimerais que ça me bouleverse, que ça me retourne, que ça me perturbe. Besoin des sensations et des émotions. Est-ce que ne pourrais pas rester calme deux secondes ? Non, tout de suite ça fait naître l’angoisse, ça me fait peur pour la vie entière ; je voudrais tellement les rencontres, les pays, les langues – et puis être amoureuse. Je voudrais y penser, y rêver, te désirer, t’embrasser. C’est calme chaque jour, c’est tranquille, c’est le seul refuge des livres et des draps solitaires, c’est l’équilibre dont je manquais, qui vient, s’installe, progressivement – nuits de sommeil, temps du recul, apaisement, lucidité. Mais mon équilibre à moi, celui qui me fait vivre, ressentir, désirer, avancer – ce n’est pas ce calme plat – c’est l’équilibre qui englobe la passion, la passion vécue, la passion partagée, la passion assouvie – c’est l’envie qui se réalise, le désir qui se comble – pas moins d’histoires et de sensations folles, mais les vivre mieux et les vivre avec ceux qui ont montré patte blanche, ceux qui ont fait signe de s’avancer. Se protéger, me protéger – oui mais maintenant, j’aimerais bien qu’il soit temps de donner. De partager. J’aimerais pouvoir confier quelque chose de moi. Je veux trouver comment aimer sans jamais perdre cet équilibre. Parfois encore je bascule, et tombe, tombe, tombe dans le vide.

Tiens-toi, chérie.

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Enfance.

novembre 2, 2008 · Laisser un commentaire

Dans les écuries très tôt, la nuit encore, il fait chaud, ça sent la paille, les chevaux mâchent leur avoine, et puis j’ai les yeux gonflés, les cheveux sauvages, les mains glacées. Ma douce n’a pas l’air d’être dérangée par l’heure (trop) matinale, elle se laisse préparer et conduire au van. Je dors doucement dans la voiture, entre l’odeur des niflettes chaudes et celle des cigarettes que L. a déjà allumées. J’avale mon café amer en arrivant au concours. Pas d’épreuve pour moi avant quelques heures. Les enfants de ma monitrice sont là aujourd’hui : Bertille va avoir six ans, a mis ses bottes en caoutchouc jaunes et suce le pouce de sa main gauche – Titoine a dix-huit mois et sur son manteau il y a écrit “mon toutou est tellement doux que je l’emmène partout”. Je suis absolument fan de ces enfants calmes, éveillés, curieux, intelligents. Avec Titoine on regarde passer les tracteurs qui le fascinent, on cherche le biberon, on fait l’avion. Bertille me donne la main pour faire le tour des écuries et déchiffrer le nom des chevaux sur les portes des box. Elle fait des nattes dans mes cheveux emmêlés et s’assied en tailleur entre mes genoux. Je m’appuie contre sa nuque, ses cheveux, sa peau toute douce de petite fille. Le parfum à la violette dans ses cheveux. Elle cherche à comprendre, les adultes ne se sentent pas obligés de prendre un ton idiot avec elle, elle s’occupe seule quand personne n’est là, et veille sur son petit frère. Je suis passionnée par ces enfants, et effrayée parfois de la force de mon sentiment envers eux : à quoi ça ressemblera lorsque ce sera mon enfant ? Certaines hésitent – je suis intimement convaincue de ma volonté et de mon choix d’avoir un enfant. Des enfants. Un, plusieurs, c’est pareil. Le sentiment de la maternité – toi ce petit moi, ce petit de moi, cet autre de moi, toi qui me ressembleras ou pas, m’aimeras et me détesteras – je serai tellement là, tellement attentive, tellement présente – jusqu’à en être malade, c’est évident. J’ai très peur de l’agacement, de l’énervement, de l’incompréhension, j’ai peur d’être envahissante, d’être trop peu stable pour mon propre enfant, j’ai peur de transmettre mon angoisse, j’ai peur aussi de ne pas aimer toujours le père de mon enfant. Tout ça est très loin, inenvisageable, inaccessible – et pourtant je sais déjà si bien l’importance et la nécessité de l’enfant. Dans l’attente de ça, et par procuration, je veille toute la journée sur Bertille et Titoine, on se dit des secrets, on se câline. J’aime déjà l’enfant qui viendra.

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Une nuit sur la péniche.

octobre 21, 2008 · Un commentaire

Depuis la rive opposée, se dessine le corps lourd du cétacé blanc et noir. Sur la péniche de la Baleine blanche, ce soir, cette nuit, des jeunes femmes lisent les mots imaginés au dos de cartes postales improvisées – la fille blanche aux longs cheveux noirs plie son corps souple sur les attaques d’une flûte traversière – les percussionnistes burkinabè racontent l’histoire du caméléon qui avance doucement et prudemment, qui accepte l’existence d’autres êtres et se montre tolérant – Aurore mime une danse étrange qui dessine l’échappée imaginaire dans la rame d’un métro. Le sol tangue, la Seine lèche le bas des vitres, et je me sens épuisée mais à l’aise dans cette agitation. Ce soir il n’y a rien pour me rendre triste – pas même le chemin parcouru seule, pas même les mots agités de ce matin qui m’ont repoussée, pas même la solitude de la nuit froide en traversant la Seine dans ma veste trop légère. Je ne sais pas qui me prendra dans ses bras. Je ne pense plus aux bras dorés de Fabien, aux bras puissants de ceux qui m’ont toujours suivie. Ce soir en rentrant je n’imagine pas le réconfort virtuel d’un corps posé près du mien, le temps d’une nuit. Je veux mon appartement, mes draps chauds, mes heures de sommeil. Et aucun garçon dans mon lit.

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Ne plus fermer les mains sur la vie qui coule.

octobre 20, 2008 · Laisser un commentaire

Temps qui file et que je laisse enfin couler : sans appréhension. Ce qui ne se joue pas aujourd’hui se jouera demain. Ou peut-être pas, ou peut-être là où on ne l’attend pas, ailleurs, différemment. J’ai moins peur des occasions manquées, de ce que je laisse derrière moi. Tout arrivera, un jour. Surtout pas comme je l’attendrai.

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Una giornata particolare.

octobre 20, 2008 · Laisser un commentaire

Sophia Loren est sublime de sensibilité et de vivre son désir pleinement – Mastroianni a les paroles les plus intelligentes du discours amoureux lorsqu’il parle à son amant exilé – l’hymne fasciste se mêle à la berceuse que murmure Antoinette, et de grandes tours d’habitation s’élèvent à la périphérie de Rome.

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