.. aglae ex time ..

La solitude blanche, comme du coton qui étouffe le cœur.

février 7, 2009 · Un commentaire

Solitude, silence, et la neige qui recouvre le jardin.

Parfois les journées s’étirent et passent lentement. Je n’ai plus l’habitude de ce rythme. Qu’attend-on de moi ? Je voudrais parler, danser, rire, décider d’aller au ciné, à une expo, me réfugier dans un café. Au lieu de ça, je suis confrontée à la solitude. Enfermée dans la grande maison, entre les arbres blancs, les routes gelées, les chutes de neige. Plus personne ne sort, tout s’immobilise. Pas même m’échapper avec Noroise. Je traîne dans les bouquins, sur quelques sites, je regarde des films de filles qui se terminent dans un déluge de larmes et de baisers (je regarde ça vaguement endormie, en train de grignoter des sablés au sésame et de boire du thé vanillé). Mais cette solitude ne me réussit pas très bien.

Je sens simplement qu’ il n’y a rien à vivre ici, que ma vie se joue autre part, que je suis en train de manquer quelque chose. Qu’est-ce que ça m’emmerde de rester ici à ne rien faire. Je voudrais tellement choisir chaque heure, choisir de la passer avec telle personne, dans telle ville. Et puis je suis retenue ici. Il faut que je trouve la façon de m’échapper. Il faut que je sorte entièrement de cette vie d’avant, qui m’englue, qui me retient, me ralentit, me raccroche. Ca ressemble presque aux journées de mon adolescence, seule, le jardin, pendant des heures, le soleil, les livres, et la solitude immense, insoutenable, le manque des rencontres et des garçons.

Aujourd’hui je suis révoltée contre cet état de solitude, je veux être en dehors de ce sentiment, je ne me complais plus dans aucune mélancolie - je sais à quel point cela peut devenir dangereux. J’ai des envies, des désirs, une soif permanente de la rencontre. Je sais qu’il faut fabriquer les opportunités, les chances, qu’il faut aller à la découverte, à la recherche, ou à l’aventure. Ce n’est plus pesant, ni angoissant : j’ai conscience de ce qu’il faut faire, je veux juste trouver les façons d’être entièrement dans cette démarche. Je sais dans quel sens je veux aller. J’ai une confiance immense dans la vie à venir, rencontres, surprises, c’est à portée de main, il suffit d’être disponible, présente et curieuse.

Le mal des garçons revient un peu, doucement, sans trop de violence. C’est très étrange ces mouvements, ces périodes, ces vagues : la rencontre entre les garçons et moi qui s’est produite très tard, la période folle où je passais la soirée avec l’un, le lendemain avec un autre ; et puis le grand amour vécu, et puis l’insouciance à nouveau, jusqu’à l’éclatement, jusqu’à la chute. A nouveau, la solitude, l’attente, les doutes. J’ai peur d’être seule trop longtemps. Les journées de désœuvrement d’en ce moment, je les passerais volontiers dans les bras d’un garçon amoureux. Oh, ça arrivera, quand je m’y attendrai le moins, ça me tombera dessus un jour, j’essaie de me raccrocher à cette incertitude plus certaine que certaines phrases qui se veulent rassurantes, qui ne renvoient qu’à un grand espace vide pourtant. Je ne suis pas pressée, je sais que c’est allé très vite pour moi à une période donnée, que je suis encore dans le réapprentissage. Ce qui est plutôt enthousiasmant et stimulant.

Mais parfois, la solitude qui gagne, qui ronge, qui rend triste. M’échapper.

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