.. aglae ex time ..

Entrée de février 2009

La peur violente, la peur incontrôlable, la peur qui tétanise.

février 18, 2009 · 7 commentaires

Je fais toujours très attention lorsque je suis dans mon quartier. Et même de façon générale, dans Paris, je suis prudente. Je n’ai pas peur, ça ne me dérange pas une seconde d’habiter dans un quartier peu rassurant : des rues vides, des types bizarres, des impasses. Bon, je regarde autour de moi, je sais que quelque chose peut arriver, je suis consciente, je reste sur mes gardes.

Je me promène à peu près tout le temps en talons, en jupes courtes. Je ne laisse pas mon sac à main pendre à bout de bras et je ne sors pas trop mon téléphone. Je jette des coups d’oeil derrière moi, quand je sens quelqu’un, quand j’entends des pas, quand je vois une ombre venant de derrière.

Ce soir, en rentrant, bras chargés de courses. Jupe courte, collants noirs, talons. Je suis presque arrivée. Juste avant la rue Pouchet, dans le passage pavé. J’entends des pas très rapides derrière moi, plus près, proches – je me retourne. Avant même que j’aie le regard du type en face de moi, sa main est derrière moi, sous ma jupe, entre mes jambes. Je suis face à lui, il s’écarte, il s’éloigne, je ne sais plus s’il part en marchant ou en courant. Sa capuche relevée, je ne vois rien. Je reste là. Je ne bouge pas. Je le regarde marcher au bout du passage. J’ai peur, je suis tétanisée, mais je ne veux jamais montrer à ces types qu’ils peuvent réellement m’effrayer. Je ne pars pas. Je lui demande du bout du passage : “C’était drôle ?”. Je crie ce truc et je balise à mort, mais je ne bouge pas. Est-ce qu’il va revenir ? Est-ce qu’il va continuer à se barrer ? Il revient.

Alors je pars, je ne cours pas, je sais que mon immeuble est à 50 mètres, je regarde tout de suite qui est dans la rue Pouchet, je marche. Il va me suivre. Un homme arrive sur le même trottoir que moi, je sais que c’est une protection, que le sale type ne va pas m’approcher. J’arrive devant chez moi, je fais le code, je pousse la porte, je la claque très fort.

Immense envie de pleurer. Ne pas pleurer, ça ne sert à rien, sauf à sortir l’angoisse. Je me jette sur l’ordi, j’écris. Il faut bien que la peur s’exprime quelque part.

Et ça peut recommencer demain.

Mais il ne faut surtout pas avoir peur. Juste faire attention.

- Si je m’étais retournée une seconde plus tard, je ne sais pas si le type serait allé plus loin. Ce qu’il aurait fait avec sa main. S’il m’aurait plaquée contre un mur. Ne surtout pas imaginer ça.

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La solitude blanche, comme du coton qui étouffe le cœur.

février 7, 2009 · Un commentaire

Solitude, silence, et la neige qui recouvre le jardin.

Parfois les journées s’étirent et passent lentement. Je n’ai plus l’habitude de ce rythme. Qu’attend-on de moi ? Je voudrais parler, danser, rire, décider d’aller au ciné, à une expo, me réfugier dans un café. Au lieu de ça, je suis confrontée à la solitude. Enfermée dans la grande maison, entre les arbres blancs, les routes gelées, les chutes de neige. Plus personne ne sort, tout s’immobilise. Pas même m’échapper avec Noroise. Je traîne dans les bouquins, sur quelques sites, je regarde des films de filles qui se terminent dans un déluge de larmes et de baisers (je regarde ça vaguement endormie, en train de grignoter des sablés au sésame et de boire du thé vanillé). Mais cette solitude ne me réussit pas très bien.

Je sens simplement qu’ il n’y a rien à vivre ici, que ma vie se joue autre part, que je suis en train de manquer quelque chose. Qu’est-ce que ça m’emmerde de rester ici à ne rien faire. Je voudrais tellement choisir chaque heure, choisir de la passer avec telle personne, dans telle ville. Et puis je suis retenue ici. Il faut que je trouve la façon de m’échapper. Il faut que je sorte entièrement de cette vie d’avant, qui m’englue, qui me retient, me ralentit, me raccroche. Ca ressemble presque aux journées de mon adolescence, seule, le jardin, pendant des heures, le soleil, les livres, et la solitude immense, insoutenable, le manque des rencontres et des garçons.

Aujourd’hui je suis révoltée contre cet état de solitude, je veux être en dehors de ce sentiment, je ne me complais plus dans aucune mélancolie - je sais à quel point cela peut devenir dangereux. J’ai des envies, des désirs, une soif permanente de la rencontre. Je sais qu’il faut fabriquer les opportunités, les chances, qu’il faut aller à la découverte, à la recherche, ou à l’aventure. Ce n’est plus pesant, ni angoissant : j’ai conscience de ce qu’il faut faire, je veux juste trouver les façons d’être entièrement dans cette démarche. Je sais dans quel sens je veux aller. J’ai une confiance immense dans la vie à venir, rencontres, surprises, c’est à portée de main, il suffit d’être disponible, présente et curieuse.

Le mal des garçons revient un peu, doucement, sans trop de violence. C’est très étrange ces mouvements, ces périodes, ces vagues : la rencontre entre les garçons et moi qui s’est produite très tard, la période folle où je passais la soirée avec l’un, le lendemain avec un autre ; et puis le grand amour vécu, et puis l’insouciance à nouveau, jusqu’à l’éclatement, jusqu’à la chute. A nouveau, la solitude, l’attente, les doutes. J’ai peur d’être seule trop longtemps. Les journées de désœuvrement d’en ce moment, je les passerais volontiers dans les bras d’un garçon amoureux. Oh, ça arrivera, quand je m’y attendrai le moins, ça me tombera dessus un jour, j’essaie de me raccrocher à cette incertitude plus certaine que certaines phrases qui se veulent rassurantes, qui ne renvoient qu’à un grand espace vide pourtant. Je ne suis pas pressée, je sais que c’est allé très vite pour moi à une période donnée, que je suis encore dans le réapprentissage. Ce qui est plutôt enthousiasmant et stimulant.

Mais parfois, la solitude qui gagne, qui ronge, qui rend triste. M’échapper.

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