.. aglae ex time ..

Entrée de octobre 2008

Une nuit sur la péniche.

octobre 21, 2008 · Un commentaire

Depuis la rive opposée, se dessine le corps lourd du cétacé blanc et noir. Sur la péniche de la Baleine blanche, ce soir, cette nuit, des jeunes femmes lisent les mots imaginés au dos de cartes postales improvisées – la fille blanche aux longs cheveux noirs plie son corps souple sur les attaques d’une flûte traversière – les percussionnistes burkinabè racontent l’histoire du caméléon qui avance doucement et prudemment, qui accepte l’existence d’autres êtres et se montre tolérant – Aurore mime une danse étrange qui dessine l’échappée imaginaire dans la rame d’un métro. Le sol tangue, la Seine lèche le bas des vitres, et je me sens épuisée mais à l’aise dans cette agitation. Ce soir il n’y a rien pour me rendre triste – pas même le chemin parcouru seule, pas même les mots agités de ce matin qui m’ont repoussée, pas même la solitude de la nuit froide en traversant la Seine dans ma veste trop légère. Je ne sais pas qui me prendra dans ses bras. Je ne pense plus aux bras dorés de Fabien, aux bras puissants de ceux qui m’ont toujours suivie. Ce soir en rentrant je n’imagine pas le réconfort virtuel d’un corps posé près du mien, le temps d’une nuit. Je veux mon appartement, mes draps chauds, mes heures de sommeil. Et aucun garçon dans mon lit.

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Ne plus fermer les mains sur la vie qui coule.

octobre 20, 2008 · Laisser un commentaire

Temps qui file et que je laisse enfin couler : sans appréhension. Ce qui ne se joue pas aujourd’hui se jouera demain. Ou peut-être pas, ou peut-être là où on ne l’attend pas, ailleurs, différemment. J’ai moins peur des occasions manquées, de ce que je laisse derrière moi. Tout arrivera, un jour. Surtout pas comme je l’attendrai.

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Una giornata particolare.

octobre 20, 2008 · Laisser un commentaire

Sophia Loren est sublime de sensibilité et de vivre son désir pleinement – Mastroianni a les paroles les plus intelligentes du discours amoureux lorsqu’il parle à son amant exilé – l’hymne fasciste se mêle à la berceuse que murmure Antoinette, et de grandes tours d’habitation s’élèvent à la périphérie de Rome.

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Toi d’abord.

octobre 20, 2008 · Laisser un commentaire

Demain matin, très tôt, je vais m’asseoir devant toi et te laisser parler. Te laisser rendre explicite ce qui est peut-être un jeu, sans doute un malaise, et sûrement un malentendu. Tu ris, et moi je ne ris pas. Je ne suis pas censée interpréter des signes qui se rencontrent et s’opposent. Tu es venu vers moi, puis tu es reparti – je n’y comprends plus rien. Et je te laisserai parler. Je ne peux pas deviner, ni imaginer. A toi d’abord, les mots.

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the electric eel.

octobre 20, 2008 · Laisser un commentaire

he says i’m the electric eel of the song :

all along the western front
people line up to receive
she got the current in her hand
just shock you like you won't believe
sun in the amazon
with the voltage running through her skin
standing there with nothing on
she gonna teach me how to swim

i said ooh girl
shock me like an electric eel
baby girl
turn me on with your electric feel
i said ooh girl
shock me like an electric eel
baby girl
turn me on with your electric feel

(electric feel / MGMT)

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Désir au quotidien.

octobre 4, 2008 · Laisser un commentaire

Je passe très rarement mes débuts de week-end à Paris. Pourtant j’aime habiter mon lit au milieu des livres éparpillés, dans les mélodies de William Sheller, avec mon Prince Vladimir et des brioches. Seule et très au calme, plutôt que dans l’agitation de la grande maison de campagne. C’est à peu près le moment idéal pour chercher l’écriture. Je perds tellement le temps et l’habitude d’écrire qu’il n’y a plus aucune facilité, aucune évidence au moment de m’y remettre. Il faut retrouver quelque chose, lancer des mots, les effacer, les reprendre, et puis ce sera là. Parce que mon Dieu comme c’est fou toujours dans ma peau, dans mon corps, comme ça déborde de désir, de joies minuscules, de sourires intenses. Absolument heureuse dans chaque événement qui se produit – j’aime descendre à Saint Lazare en vélo, et arriver tôt quand il n’y a que lui et moi, et manger des pains au chocolat brûlants, et rire, et me sentir en confiance. Je ne profite plus comme avant de la ville, quelques soirs parfois les restaurants obscurs du Quartier latin, la place Clichy, l’avenue Jaurès, mais j’essaie de ne pas être lassée de ce qui s’établit comme la permanence et la stabilité. J’ai besoin d’évoluer aussi parfois dans cette continuité, et d’apprendre la répétition, parce que la réalité ne sera jamais celle de l’éternel départ, de l’éternel renouvellement, de l’éternelle découverte. Le regard peut être émerveillé, les perspectives peuvent être bousculées, et évoluer, mais le changement – de décor, d’environnement, de ville – ne peut pas se produire chaque matin. Bien sûr les villes étrangères me manquent – mais il y aura encore des voyages, des langues à apprendre, des plages de la Méditerranée et du Pacifique à traverser. Et toute entière tendue vers le désir du Maroc, de la Turquie, de l’Argentine ou de l’Australie, je vis l’enthousiasme et le bonheur simple du très quotidien.

Bon.

C’est l’heure de prendre le train, où je lirai Ada, qui m’emmènera retrouver ma douce.

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