Et parce que c’est peut-être celle que je préfère.
Et parce que c’est peut-être celle que je préfère.
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J’avais six ans quand Freddie Mercury est mort.
En voyant Queen sur scène, j’ai pensé que ça devait être vraiment ça le rock, c’est-à-dire : le rock’n'roll, comme plus personne n’en fait aujourd’hui. Il y avait un côté tellement ringard dans le show de ces papys, au travers des images qui défilaient sur grand écran, dans l’utilisation d’un harmonica et d’un accordéon – mais j’ai vu des brutes de cinquante ans pleurer ce soir – surtout, j’ai entendu les plus grandes mélodies des années 70 et 80, j’ai écouté bouche bée les impros de Roger Taylor, les solos de Brian May, j’ai regardé ses doigts agiles parcourir les cordes de la Red Special, j’ai ri pour ne pas pleurer en voyant les photos de Freddie Mercury, j’ai eu envie de hurler dans l’explosion des titres que sont “The Show Must Go On” ou “We Are The Champions”.
Ma mère a écouté Queen en ayant vingt ans, vingt-cinq ans. L’an dernier j’ai retrouvé des cds qui avaient un peu pris la poussière. C’était à l’automne, lorsque je n’allais pas bien. J’ai écouté Freddie Mercury en avalant les routes de campagne, des larmes dans les yeux, des sanglots dans la voix, je tenais, je tenais bon, je ne distinguais plus la trajectoire, j’écoutais seulement toute entière la voix de Mercury : “The Show Must Go On”. Si une seule chanson doit rester associée à la survie, c’est celle-ci.
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Il faut quand même dire qu’au bureau, devant mes petits camarades curieux et jaloux, je reçois des cartes postales qui ont traversé l’Atlantique…
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Je ne connais pas d’autre pays que la France. Quelques villes en Europe : Berlin, Londres, Dublin, Palerme, Amsterdam. Des aperçus, des images retenues, des foules, des atmosphères. Pour seule véritable expérience de vie à l’étranger, je n’ai que les Etats-Unis. Je ne retournerais jamais y vivre, pas à l’ouest en tout cas, je sais comme les repères quotidiens sont difficiles pour moi à y construire. Mais je suis amoureuse des Etats-Unis. J’aime les Etats-Unis pour tout ce qui m’emporte, m’éloigne, m’étonne, me donne une notion de la liberté, des grands espaces, de l’échappée. A 15 ans en arrivant à San Francisco, j’aimais les rues, les bruits de la nuit, les collines, l’océan, les ponts gigantesques, les quartiers tous différents. Dans une seule ville, je voyais des maisons hispaniques aux murs colorés, des pagodes japonaises, des restaurants cantonais, des trattoria italiennes, des cantines américaines, des magasins Nike et Levi’s sur cinq étages. San Francisco se parcourait à pied, en cable car parfois, et je savais, déjà, comme l’atmosphère y est différente, du reste des Etats-Unis. Cette sorte de nonchalance, de légèreté, de facilité d’une ville américaine qui ne s’est pas trop étendue, où l’on porte des t-shirts au mois de décembre, où tous les clochards célestes des Etats-Unis se retrouvent, où l’ambiance hippie existe encore. Cinq ans plus tard, j’avais retrouvé le même sentiment de désinvolture, de sérénité, et l’océan immense devant les collines de Twin Peaks.
J’ai connu des Etats-Unis les grandes étendues, les forêts gigantesques, les déserts à perte de vue, les rubans de bitume qu’on avale dans des voitures puissantes, les montagnes rouges et les canyons vertigineux. On pourrait rouler toujours, et ne pas croiser la moindre ville sur des centaines de kilomètres. C’était mieux que dans un film : tout était réuni. John Ford et Sergio Leone avaient filmé Monument Valley. San Francisco, ce seront toujours pour moi des rues en pente parcourues à fond de train par la Mustang de Steve McQueen. Dans le port de Monterey, on pense à Steinbeck, dans les canyons on entend des histoires indiennes, et soudain au milieu du désert, la ville d’eau, la ville du hasard, la ville la plus improbable : Las Vegas se dresse au milieu de nulle part, tout est irréel, immense, plus insensé que dans les films où Danny Ocean braque des casinos. Quelques années après avoir transpiré de la chaleur de l’ouest américain, j’ai rencontré les forêts de l’Oregon, les longues plages sauvages battues par le vent le long du Pacifique, les arbres dont le sommet disparaît, les montagnes enneigées tout autour de Seattle, Rain City, l’autoroute I-5 pour aller de Portland à Vancouver, BC. Je me souviens de paysages incomparables, et de tout ce qui a fait ma vie aux Etats-Unis : des cafés, des restaurants, des rues vides, des centres commerciaux ouverts 24 heures sur 24, des cinémas où l’on venait autant pour manger du pop-corn que pour regarder un film, des routes encombrées de pick-up, de “l’Amérique profonde” à quelques heures de route à peine des grandes villes démocrates et écolo.
Et puis il y aura eu, bien plus tard, l’est des Etats-Unis : Chicago, New York, Boston. C’était moins loin, moins sauvage, c’était la culture européenne adaptée aux modes de vie américain. Ici encore, je me perdais dans les Chinatown, Harlem ressemblait à ce que j’avais vu dans Shaft, mais l’architecture avait une cohérence qui n’existe pas dans les villes neuves, les musées et les monuments apparaissaient à chaque coin de rue, les clubs de jazz, les petites boutiques, les épiceries, les rues remplies de passants, les marchés. C’est un peu plus rassurant pour moi d’être dans le quartier italien de Boston, ou dans le centre de Manhattan. Je me suis rempli les yeux d’art contemporain, de photo, d’images aperçues dans les films de Woody Allen, j’ai eu tellement froid dans le vent de Chicago et dans la tempête de New York, j’ai mangé ce qui se fait de meilleur dans les cuisines brésilienne, japonaise, hongroise, italienne. J’ai vu des universités qui donneraient aux plus irréductibles l’envie d’apprendre. J’ai marché sans cesse dans ces villes, j’ai passé mon temps le nez en l’air, me renversant pour apercevoir le sommet des grattes-ciel ; tout était toujours trop grand.
Parfois, lorsqu’on me parle trop des Etats-Unis, lorsque mes amis y partent, y retournent, en reviennent – je suis nostalgique des moments vécus dans une très grande liberté, je suis nostalgique des déambulations au hasard du nom des rues, et les Etats-Unis me manquent si profondément, si intrinséquement, que je comprends que je n’ai pas encore besoin d’aller parcourir l’Asie ou l’Australie : j’ai mille voyages à faire aux Etats-Unis, je veux voir Key West, les geysers de Yellowstone, les clubs de Chicago, les grands lacs, Washington, la Louisiane et le Mississippi.
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Il faut attendre les week-ends calmes, tranquilles et loin de Paris, pour trouver le temps d’écrire.
Il y a cette dichotomie forte entre des semaines rapides, denses, nourries du stress du boulot. Je ne vois pas le temps filer, c’est lundi, c’est vendredi déja, j’ai le sentiment de ne plus ouvrir un livre, de ne plus regarder un seul film. Le temps a peine, le soir, d’aller au théatre, au ciné ou dans un musée. C’est éreintant, c’est usant, et ca ressemble pourtant au passage obligé des “jeunes diplomés”, cette nécessite de se battre, de se dépenser, de prouver chaque jour que l’on est hauteur. Il y a quelque chose qui me choque profondément et que je trouve d’une violence extreme : s’investir pendant plusieurs mois, ne pas compter ses heures lorsqu’on touche a peine 400 euros par mois, regarder avec un peu de dégout ceux qui sont payés cinq fois plus a regarder le temps passer, et n’etre jamais sure de continuer les prochains mois. Je me bats pour glaner trois mois de plus – trois mois pendant lesquels il faudra a nouveau aller chercher avec les dents la promesse de continuer.
De l’autre coté, les week-ends sont lents, creux, nourris d’une autre angoisse. Je laisse a Paris les peurs liées au travail – je retrouve a Saint Jean les angoisses de la famille. Mon frère croit que l’affirmation et l’identité se définissent par la force et la violence ; je ne supporte pas ses mots, je ne supporte pas sa langue, je ne supporte pas ses gestes. Tout est prétexte a l’etalement d’une force ridicule, inutile. Mon père est perdu, ne sait plus comment s’y prendre : agressif, désagréable, fermé – puis soudain débordant d’affection envers moi, emmelé dans des mots qu’il n’a jamais su prononcer. Je souffre surtout d’imaginer leurs douleurs et leurs blessures, comme si les miennes ne suffisaient pas, je suis l’illustration vivante de ce qu’ on appelle “la compassion” : souffrir avec, porter la douleur d’autrui. Cette famille qui vit dans ma chair, alors que la vie familiale a été la chose la plus compliquée pour moi, ce dont je dois le plus chercher a me degager. J’essaie, tout doucement, de ne pas etre blessée par des attaques gratuites ; j’essaie aussi maintenant de moins me préoccuper des blessures de mon frère, de mon père. Je ne peux rien changer. Je peux toujours etre présente, et a l’écoute ; mais ma douleur pour autrui est inutile.
Lorsque je repars le dimanche dans la soirée, j’ai quelques douleurs en plus dans la poitrine, mais aussi de grands moments de liberté dans la tete, des souvenirs par bribes de galops, de sensations sur les obsctacles, les images de ma jument traversant seule la cour pour rentrer dans son écurie. J’attends les premiers concours, l’enchainement des obsctacles, la vitesse, les sauts puissants. Cette année ce sera chaque dimanche, le réveil a 6h, les journées de pluie et de grand froid, les classements, les points comptés, et l’envie d’avancer, de gagner, d’atteindre les championnats. Tout de ma vie personnelle pourrait s’engluer, s’éterniser, s’amenuiser - l’équitation resterait ma premiere motivation.
De cette séparation si nette entre deux temps différents, deux ambiances qui ne se confondent pas, il faudrait évoluer vers une certaine cohérence, isoler les douleurs a un endroit comme a l’autre, me protéger dans tous les cas, et sentir la progression constante, dans chaque sphère, de mon identité entière.
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J’aimerais avoir tout le temps nécessaire pour écrire. Les soirées dans Paris, les échappées avec Noroise, l’enthousiasme que donne le travail chaque jour malgré les vagues de fatigue, les avancées dans la thérapie, les tajines d’agneau aux abricots, et l’attente secrète de son retour. Ce soir je triturais la question posée aujourd’hui : qu’est-ce que c’est une relation harmonieuse ? Au moins dans ma perspective ? C’est se retrouver, parfois, souvent, dans le creux des lits, c’est ce moment à nous deux. C’est toucher à peine à ce qui est essentiel aujourd’hui : les soirées entre copines, les longs week-ends hors de Paris, le temps de l’écriture, des livres – rien ne doit bouger. Je sais que je ne dois pas avoir le sentiment de l’ennui, ou de l’endormissement intellectuel. Quelque chose doit rester de l’ordre de la fascination et de l’émerveillement. Se nourrir l’un l’autre. J’ai peur de l’ennui, du couple, du quotidien. Il y a ces mots parfaits de Gide, dans Les Nourritures terrestres : dès lors qu’un environ t’est devenu semblable, dès lors que quelque chose, quelqu’un te ressemble – quitte le. J’aimerais que la relation d’amour se vive sur ce mode. Que rien ne soit jamais semblable. Je veux bien partager mes envies de départ, d’échappées, d’autre chose, mais je dois rester capable de tout bouleverser, à n’importe quel moment. Le couple ne doit pas poser de barrières supplémentaires. Tout est déjà tellement étriqué parfois. Je manque de temps, je ne fais pas le tiers de ce que j’aimerais faire – je dois toujours garder mon temps, mon espace, ma liberté. Peut-être suis-je complètement à côté des réalités, peut-être que je défends cette vision avec des mots, alors que la notion même de couple s’oppose à la liberté, peut-être que dès les premiers moments partagés, je découvrirai les choix, les compromis, les transigeances. Il y a deux directions alors vers lesquelles tendre, dans un même élan : garder toujours en tête ces valeurs nécessaires – liberté, indépendance, autonomie, temps et espace pour soi – et penser la question du quotidien, s’y acclimater pour ne pas y apercevoir seulement des contingences, des retenues, ou des limites. Devenir familière de la répétition, trouver un réconfort et une stabilité dans la permanence. Il y a tout un champ à explorer. Allons-y.
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Il y a quelque chose de la dépression qu’on ne sait, et qu’on ne comprend, qu’en ayant fait soi-même l’expérience de la dépression. Il y a des personnes sufisamment ouvertes et à l’écoute pour ne rien dire, ne rien reprocher, ne rien juger ; mais c’est autre chose de savoir que la dépression dépossède de soi, prend le contrôle de chaque geste, et qu’on ne s’appartient plus. La capacité étrange de se voir depuis l’extérieur, de contempler son corps, en étant ailleurs, autre part, quelqu’un d’autre. Être en dehors de soi. Les quelques amis qui ont avoué un jour ce qu’on dit difficilement : médicaments, crises d’angoisse, suicide – savent que tout est remis en jeu, que plus rien ne tient, que les règles n’existent plus, ne s’appliquent plus. On devient fou, incontrôlable, irraisonnable, dépourvu du moindre sens logique. On ne peut plus rien expliquer. On se contente de répéter : je ne dors pas. je ne mange pas. je ne travaille pas. je ne vis pas. Et on se laisse porter sans chercher à faire l’effort de reprendre pied.
Ce soir, lorsque je voulais expliquer à mon directeur de scolarité ce qu’avaient été les mois d’hiver, lorsque je demandais qu’on ne me tienne pas rigueur de ne pas avoir respecté “les règles”, je ne trouvais pas les mots justes, les mots pertinents, il n’y a avait que des sanglots et des mots pris dans ma bouche, des sentiments qui ne s’expriment pas, une expérience qui ne se partage pas. Il n’y avait rien à dire, il n’y avait que l’évidence de l’incommunicabilité des ressentis extrêmes. Je ne pouvais pas lutter. Je ne lutte pas contre ce passé trop vif, je ne peux pas encore en parler, je pleure, je m’effondre, je suis petite fille – je ne peux qu’espérer l’intelligence et la sensibilité de celui qui m’écoutait.
De ceux qui ont traversé des dépressions, de ceux qui m’ont accompagnée inlassablement, sans poser de question, sans porter de jugement – Hélène a été la plus précieuse, la plus intime, la plus proche – se regarder sans avoir à dire les gestes qui nous ont tellement remplies de honte – appeler une nuit entière, attendre à la porte d’un appartement, être odieuse et prête à tous les chantages – chacune savait, devinait. Hélène part, demain, une de mes alliées s’éloigne, oh tout près, je rêve déjà d’une semaine écossaise pour se retrouver, mais je redoute imperceptiblement son absence. Tous les aveux pouvaient exister auprès d’Hélène – nous étions deux à savoir que les médicaments deviennent un jour nécessaires, que la thérapie, dure six mois, neuf mois, un an, que la dépression livre les derniers soubresauts de sa résistance plus tard, parfois. Hélène s’en va et je voudrais lui confier tellemet de progrès lorsque nous nous reveronns – un jour, vite.
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C’est très étrange de découvrir parfois la présence de la communauté sensible de ceux qui lisent ces textes. J’oublie souvent que je peux créer des attentes, engager des schémas de lecture de mes textes, donner l’habitude de certains tons, de certains thèmes – et si j’en sors, si j’écris des parenthèses, si je ne livre aucun contexte, je ne dois pas être surprise des réactions vives et inquiètes. Je n’aime pas avoir le sentiment qu’une attente existe autour de moi, mais puisque j’ai tellement écrit la mise en danger, l’absence de tout désir de vie, la tentation du suicide – c’est sans doute naturel que certains de mes mots effraient ceux qui lisent, encore, toujours.
Un matin seulement, je ne voulais pas sortir de mon lit, j’avais un peu mal au coeur aussi, je détestais mes hanches que j’aurais voulu “tailler à la hache”, j’étais touchée par son absence – alors trois mots jetés, trois mots dans le brouillard d’un matin endolori, – merci d’être si prévenants, si présents – everything is alright, I feel so good, so peaceful.
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Envie de vomir, de tailler mon corps que je ne supporte plus, envie de pleurer et de dormir.
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Trop peu de temps pour l’écriture quand j’aimerais dire, en vrac :
Paris, la nuit, le jardin des Halles traversé dans l’obscurité, les restaurants et les bars de la rue Montorgueil, de la rue Montmartre, ce café rempli de bougies où le serveur lance de grands sourires pour me faire rire, entre un thé vert, le bouquin que j’arrive à peine à lire, un Moleskine usé, c’est un peu étrange cette fille seule paumée dans un café à une heure étrange,
et puis plus tard les longues discussions sans fin, au-delà de l’épuisement, il est tard oui mais les moments de la conversation véritable, les mots confiés aux alliés, sont trop rares, et je ne m’en prive pas.
Ça n’est toujours pas “facile”, et ça ne le sera jamais, d’être seule, de rentrer seule. Mais tout va bien. Je ne souffre pas de la solitude. Je ne crains pas de rentrer seule. Mes journées sont tellement peuplées d’alliés que les nuits peuvent bien être le seul moment de me retrouver. Bien sûr c’était plus “facile” avant, de rentrer et d’être sûre de te trouver, de me glisser dans tes pulls et de rester près de toi, de laisser ton corps s’imprimer au mien. Pourtant parfois j’éclatais, je manquais d’espace, de solitude, de silence. J’aime le moment où je rejoins mes livres éparpillés, près de mon lit il y a Nabokov, Zweig, Bergson, le Japon, et dans ma boîte à lettres je trouve les films envoyés par glowria, je fais l’effort de tout regarder, de tout lire, je ne me laisse pas le temps de penser à cette solitude, de la regarder en face. Je la vis, je la supporte, je ne veux pas aller jusqu’à questionner sans cesse ce sentiment. La nuit je laisse surgir les images de ceux qui me touchent de jour.
De l’un, les yeux très bleus, clairs mais turquoises, brûlants, quelque chose qui me fige dans ce regard, mais la douceur des gestes, des mots, la disponibilité extraordinaire.
De l’autre, la peau bronzée, les cheveux clairs, l’allure légère, la démarche flottante, le passage dans la vie avec cette fluidité et cette évidence qui me fascinent, et l’affection qui existe entre nous, depuis nos corps, depuis nos allures, comme de toujours.
Et toi tu t’en vas, tu me laisses attendre, c’est mieux sans doute, il y aura tant d’émerveillement au moment de se retrouver.
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