.. aglae ex time ..

Leos Carax revient.

mai 22, 2008 · Laisser un commentaire

J’essaie de suivre un peu l’actualité du cinéma à Cannes, et voilà que Leos Carax fait son retour à la Croisette. La dernière fois, c’était pour Pola X en 1999 et ça ne s’était pas franchement bien passé. Cette fois il est accompagné de Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind / The Science of Sleep) et de Bong Joon-ho pour présenter un triptyque tokyoïte surprenant. Carax le dit d’entrée de jeu : “J’aime pas Tokyo”. Et pourtant Denis Lavant – encore, toujours Denis Lavant – court à travers la ville, et dans ses égouts, en s’exprimant bizarrement. Denis Lavant maquillé en marron et en blanc, cheveux fous, regard hirsute, traverse Tokyo en terrorisant les habitants : il bondit sur eux, les bouscule, vole leurs cigarettes, lèche leurs bras (dans Tokyo Eyes de Jean-Pierre Limosin, cette scène où le jeune Japonais lèche l’oeil de la starlette nippone pour enlever un cil tombé…). Il existe une personne capable de le comprendre, de parler cette langue faite de borborygmes et de gestes agressifs : un avocat français, interprété par Jean-François Balmer. Violence, langue et langage, difficultés de la communication, corps de Lavant en mouvement – ça ressemble à du Carax, non ? Cette fois en revanche, pas de gros budget, pas de tournage en trois ans, mais des séquences filmées en vidéo, des plans volés parce qu’il est interdit de tourner à Shibuya (Carax raconte comment les producteurs se sont faits embarquer par la police). Et surtout, il continue à dérouter en commentant le titre de son film, Merde : “J’ai une grande relation avec la merde. Il était temps que je fasse un film qui s’appelle comme ça. J’aurais pu le tourner dans n’importe quelle ville riche. Les égouts sont l’Histoire. Merde, c’est moi”. Carax, toujours à contre-pied.

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