.. aglae ex time ..

Beaubourg - Les Halles.

mai 10, 2008 · Un commentaire

Te retrouver si belle comme tous les étés, étés à Paris, étés dans les jardins du Luxembourg, glaces whisky-raisins-chocolat, nos jambes nues et notre légèreté et notre intérêt en chaque chose - tout en haut du Centre Pompidou, la vue sur Paris, bien sûr on l’aime encore la ville si difficile à vivre - oh la tour Saint Jacques enfin sans ses draps blancs, la tour Saint Jacques pour la première fois dévêtue de ses bâches, tellement blanche, trop propre peut-être - et puis les expos, à deux on fait ça si bien, on compare, on questionne, on apprécie, on déteste, on le dit, on s’émerveille. Dehors il fait bon, il est facile toujours aussi facile de parler de tout, nos garçons, nos parents, nos désirs, nos envies de partir, la fontaine près de nous, le soleil dans tes cheveux si blonds, les lunettes pour s’amuser à ressembler aux stars, et assises l’une près de l’autre manger nos glaces en regardant la foule, en riant des gens qui passent, avec une tendresse douce, avec une fascination et une curiosité qui ne s’épuisent jamais.

Ce sont des heures exceptionnelles, des moments sur lesquels s’appuyer, pour savoir ce qui est à vivre - encore.

Catégories : Uncategorized

Le doute.

mai 10, 2008 · Pas de commentaire

La tentative d’être claire et lucide : ce qui est apaisé, sain, heureux ; et ce qui m’échappe, ce que je ne comprends pas, ce qui me dépasse. J’ai dit que cet espace d’écriture devait rester le lieu du retour sur soi, de la réflexion, de l’analyse, de la prise de distance. Je regrette souvent de ne plus pouvoir écrire avec la même sensualité, avec les mêmes mots-sensations, les couleurs, les odeurs, les vibrations, les phrases sans début ni fin, les phrases sans verbe, les mots juxtaposés qui ne disaient que la vie vécue dans son immédiateté et son intensité. J’aimais écrire ces textes. J’aimais chercher cette écriture. Et puis cette écriture qui m’a trop exposée, cette écriture qui ne m’aidait pas à sortir de la folie, je l’ai rejetée. J’ai commencé à écrire moins subitement. J’ai laissé le temps filer entre les moments vécus et l’écriture. J’ai utilisé l’écriture pour réfléchir et accompagner ma thérapie. Et je ne me sens pas encore prête à retourner aujourd’hui vers une écriture plus violente. Je suis fragile, encore. J’ai défait beaucoup de nœuds. J’ai tiré des traits, évincé certaines personnes, accepté la perte. J’ai posé quelques bases solides : la nécessité de me concentrer sur ce que je suis, de me tourner vers moi quand la déception vient de l’extérieur. J’ai trouvé de l’intérêt à étudier mes propres réactions - pour les comprendre, les apaiser, les désarmer. Me mettre en colère, être triste, être blessée - pourquoi ces réactions-là ? Ce sont des choses que je peux travailler, et sans doute jamais totalement contrôler, mais j’ai la capacité de comprendre. Je ne veux pas accorder foi à l’irrationnel, à l’inexpliqué, je ne veux pas me laisser déborder par des sentiments absolus, je ne veux pas céder à l’enfermement par l’image et le modèle - assez d’Emma, d’Hedda, d’Aglaia, assez de Marguerite ! - je veux faire l’effort de la compréhension de ce que je suis, et ressens.

Je disais plus tôt, être blessée, être blessée parce que j’ai cru ne pas avoir respecté mes propres valeurs, parce que j’ai senti que j’avais trahi, mais il ne faut pas céder si vite à ce qui est dit, il ne faut pas oublier les états de colère, il faut surtout savoir de façon inébranlable que j’ai voulu faire au mieux, que j’ai été honnête, que les situations ont sans doute été plus responsables que moi. Je me laisse effondrer encore si facilement. Je me laisse atteindre par ce qui vient des personnes auxquelles je tiens. J’écarte ceux qui ne valent rien, et pourtant leurs jugements me blessent encore. Mais quand alors la confiance en moi ? Quand ? J’ai appris la méfiance, j’ai appris l’anticipation, la discussion et la réflexion - mais quand vais-je comprendre que les crises sont régulières, nécessaires, qu’elles sont une façon d’avancer ? Quand vais-je cesser de trembler lorsque la crise surgit ?

Jamais le sentiment d’être à la hauteur.

Catégories : Uncategorized

alliées.

mai 10, 2008 · Pas de commentaire

L’amitié je l’aurai explorée sous tant de formes et de coutures, l’amitié je l’aurai surtout tant malmenée. J’ai des amitiés rares, brûlantes, violentes, et passionnelles. Je ne crois pas à l’amitié fusionnelle : je sais souvent quelles différences existent entre nous, ce qui nous fait dissembler, et je n’ai jamais considérée aucune amie comme une autre moi. De Mathilde j’ai dit que nous avions des sensibilités jumelles ; nos sensibilités ne nous font pas forcément agir de la même façon ou aller dans les mêmes directions. Mes amitiés sont sans doute trop extrêmes, elles m’impliquent et me prennent aux tripes - c’est sans doute un risque, un excès, un danger, et le jour où l’une d’entre elle partira ? ne sera plus là ? Ce sont aussi des relations puissantes et créatrices, des relations qui portent à l’écriture, qui accompagnent la réflexion et enrichissent l’approche du monde. J’essaie de moins me reposer sur ces amitiés ; j’apprends à garder certaines choses pour moi, à ne pas toujours déverser tout ce qui m’habite le cœur. J’apprends la retenue en amitié. Mais cette discrétion ne remet pas, ne doit pas remettre et ne remettra jamais en question l’immense alliance des amitiés. Des amitiés féminines avant tout. Mes belles, mes douces, mes tendres, mes chéries, mes amoureuses, mes alliées. Venant de ce côté, la trahison ne s’accepte pas. L’exigence est précise, intransigeante. Je suis aussi aiguë qu’elles le sont. Peut-être davantage prête à pardonner, parce que souvent j’ai fait l’erreur de. Les blessures parfois surviennent. D’un seul mouvement avoir peur de tout perdre, peur de perdre l’alliée. J’ai peur de ces blessures-là. Il ne faut qu’un instant pour que je voie le pire. Pour que je ressente avec une douleur dans le ventre ce que serait la perte. On passe sur ces blessures, les amitiés sont plus solides et plus saines, mais quelque chose a été abîmé. Aujourd’hui et toujours, elle craindra de me présenter ses chéris. La confiance est revenue mais la blessure n’a jamais disparu. Comme sur les arbres, les traces de canif rendent l’écorce plus épaisse. Nous traversons des situations où nous faisons des erreurs ; nous ne les reproduirons pas. Il existe des mots d’ordre, des alliances tacites, des promesses implicites. Parfois ce sont des confrontations à la liberté individuelle ; parfois, comme dans une relation amoureuse, on restreint sa liberté par choix, par respect de l’amie. Je vivrai toujours mes amitiés féminines avant mes attirances pour des garçons. J’ai dans la peau trois ans après la trace toujours si douloureuse du moment où j’avais avoué - j’ai le souvenir qui m’arrache la peau et me retourne le ventre de son regard fou, de sa colère, de notre course perdue dans l’après-midi rempli de passants - elle avait dit “ne me touche pas“. Je ne voulais plus jamais. Plus jamais revivre cette situation, plus jamais sentir ce malaise. Ces derniers jours si j’ai été si tendue, si je me suis sentie si perdue, si peu sûre de moi - louvoyant entre la franchise envers mon amie, entre le désir de vivre une rencontre, entre l’affirmation de ma liberté et le respect mille fois supérieur de la liberté des sentiments de mon amie - c’est parce que je revoyais la menace de la situation impossible et dangereuse. J’avais peur de ce dans quoi j’avais plongé. Oh ces faux pas où le corps nous entraîne, ces faux pas où l’on ne réfléchit pas mais où l’on se donne à la vie telle qu’elle vient - si seulement j’avais réfléchi un peu plus vers l’avant. Si j’avais été plus fine, plus intelligente.

J’ai eu peur peur peur de les perdre, mes belles chéries, rien ne m’effraie plus, si elles n’étaient d’un seul coup plus là il est absolument évident que je ne resterais pas une seconde de plus en vie - si décidément je me trouvais résolument seule et sans alliée - je n’existerais plus. Et si toutes les relations ne peuvent pas parfaitement se maîtriser (comme si je maîtrisais le moindre truc ces derniers mois), il y a des choix à faire, des signes à envoyer, des présences à marquer. Avant d’atteindre le point de non-retour, il y a une capacité à la discussion, à la remise en question et à la prise de décision qui sauve notre amitié.

Tout est flou, je ne sais pas ce qui est arrivé, je ne suis plus jamais sûre de moi et de mes choix, je deviens tellement capable de me remettre en question que je m’y perds, et surtout j’ai la peur terrible de savoir que j’avance avec des amitiés sûres mais qui ne sont jamais définitives - que tout un jour peut se retourner et que je peux être seule. Sans alliée.

Si proche de douter, à la moindre blessure.

Catégories : Uncategorized
Tagué : , ,